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le 13-05-2010 12:05 ; Sujet :  

Pseudo: sergi10
Inscrit le: 14-02-2010

Les cinq pays de l’Union du Maghreb Arabe présentent des similitudes fortes mais également des spécificités
particulières.
Ces spécificités sont le résultat de l’un ou de l’autre de trois facteurs :
- La dotation énergétique de chacun des pays,
- Les structures et systèmes de production et d’échange et enfin
- Le degré d’ouverture économique et d’intégration de chacun des trois pays à l’économie mondiale.
Je voudrais d’abord rappeler quelques données socio-économiques afin de planter le décor :
 La population globale des cinq pays de l’UMA est estimée aujourd’hui à 85 millions d’habitants.
Elle croit à un rythme moyen de 1.5 % l’an, allant de presque 3% pour la Mauritanie à 1.2 % pour la Tunisie,
les deux autres pays croissant à un rythme proche de la moyenne globale : 1.5% l’an.
Globalement et à l’exception de la Mauritanie, les quatre autres pays du Maghreb franchissent une phase de
transition démographique plus ou moins avancée.
Leur taux de croissance a diminué de 25 % sur les dix dernières années.
La population active totale des cinq pays est estimée aujourd’hui autour de 34 millions. Elle s’accroit à un
rythme plus rapide que celui de la population totale (2.1 % l’an contre 1.54 %).
Le taux de chômage dans la zone UMA serait de l’ordre de 12 %. CE taux cache des disparités importantes :
Il est de 14 % en Algérie, 10 % au Maroc, et là aussi les disparités sont importantes entre le rural et l’urbain
où le taux de chômage atteint 19% et enfin 14 % en Tunisie. Dans les deux autres pays de l’UMA/ Libye et
Mauritanie, les chiffres du chômage ne sont pas disponibles.
Il y’aurait ainsi plus de 4 millions de chômeurs dans la zone UMA.
 Le PIB global du Maghreb (5 pays) atteint en 2008, 392 milliards US $, dont 169 M$ pour l’Algérie (soit 43 %
du total), 89 M$ pour le Maroc (soit 23 %), 93 milliards US$ pour la Libye (soit 24 %), 40 milliards pour la
Tunisie (soit 10 %), et 3 MS$ pour la Mauritanie soit 1 % du total.
Pour situer le poids des cinq pays du Maghreb par rapport à certains groupements économiques régionaux ou
certains pays, il serait utile de rappeler que le PIB de la zone euro s’est élevé à la même date à 13 500
milliards US$, soit 35 fois celui de l’UMA.
À titre de comparaison, le PIB global de l’UMA en 2008 a représenté 78 % de celui de la Belgique (10.7
millions d’habitants), 110 % celui de la Grèce ou à peine 11 % celui de l’Allemagne.
 En termes de croissance, les réalisations de la zone UMA ont été sur les dix dernières années plutôt
favorables, affichant régulièrement des taux de croissance supérieurs à 4 %. Même la crise économique et
financière qui a plongé le monde et notre voisin proche : l’Europe, dans la récession n’a pas empêché les
pays de l’UMA d’afficher en 2009 des taux de croissance supérieurs à 3 %.
Cette croissance régulière contraste, sauf pour le cas de la Tunisie, avec des évolutions heurtées pays par
pays, qui traduisent une insuffisante diversification de leurs économies et une trop grande vulnérabilité et
exposition à un secteur ou un autre :
- Le Maroc et la Mauritanie restent trop dépendants de leur agriculture (qui pèse respectivement 15 % et
19 % du PIB) global.
- Les économies de l’Algérie et la Libye sont trop fortement liées à l’évolution des prix du pétrole à l’échelle
internationale.
La structure économique du PIB de chacun de cinq pays est différenciée.
À titre d’exemple :
- le poids de l’Agriculture dans le PIB de chacun des cinq pays varie de 2.5 % en Libye à 19 % en
Mauritanie, 7.5 % en Algérie, 15 % au Maroc et 12 % en Tunisie.
Il y’a là un potentiel important d’échanges de produits agricoles et agro-alimentaires entre les cinq pays.
Ce point de vue n’est pas partagé par tous.
À titre d’exemple, une étude réalisée par la Banque Mondiale en 2006 sur l’impact d’une plus grande
intégration des trois pays du Maghreb Central estimait que les économies des trois pays étaient trop similaires
pour qu’un rapprochement génère des flux commerciaux plus importants.
Les échanges commerciaux entre les cinq pays de l’UMA sont ceux les plus faibles relevés à l’échelle
mondiale pour une zone de coopération déterminée.
Le commerce intra-maghrébin représente moins de 2 % du commerce extérieur global de la région et la
tendance est la baisse depuis longtemps.
Ce taux d’intégration commerciale (rapport du commerce intra-régional au commerce extérieur global) est de
68 % pour l’UE, de 25 % pour l’ASEAN, de 14 % pour Mercosur et de 5 % pour le Conseil de Coopération du
Golfe.
Les derniers chiffres des échanges intra-maghrébins datant de 2006 estiment ces échanges globaux à 4,4
milliards US$.
Deux pays y occupent une position remarquable : la Tunisie avec un volume d’échange global de 1, 5
milliards US$ et la Libye 1,135 M$.
L’Algérie et le Maroc présentent des volumes similaires : autour de 850 millions $ chacun, alors que le
commerce intra-régional de la Mauritanie atteint à peine 50 millions US$.
La petite Tunisie fait donc effet de premier de la classe, ce qui veut dire que quand on veut, on peut.


 
le 13-05-2010 12:08 ; Sujet :  

Pseudo: sergi10
Inscrit le: 14-02-2010

D’ailleurs si le commerce intra régional représentait pour chacun des pays une part équivalente à celle de la
Tunisie, le commerce intra régional global serait de l’ordre de 7.5 milliards US$ et représenterait alors 3.4%
du commerce extérieur global de la région.
Les simulations faites pour une plus grande intégration commerciale du Maghreb permettent de tirer les
conclusions suivantes :
- Une plus grande régularité de la croissance de l’ensemble donnant plus de visibilité aux investisseurs
locaux et internationaux, l’Union gomme les variations erratiques des rythmes de croissance des uns ou
des autres,
- Les différentes études montrent que sous certaines hypothèses tout à fait plausibles, cela pourrait aboutir
à un surplus de croissance de l’ordre de 1.8 % du PIB global, soit aux données d’aujourd’hui :
 une création de richesse supplémentaire de : 7 milliards de US$. Cette richesse
supplémentaire serait créée à un instant donnée. Elle n’est pas renouvelable mais elle
est pérenne et définitivement acquise. Elle permettrait au PIB maghrébin de faire un
saut quantitatif et de reprendre sa croissance au-delà de ce saut à son rythme habituel.
 la création de : 610.000 emplois supplémentaires, soit la création de plus de 6000 PME
occupant chacune une centaine d’employés, de quoi bouleverser le paysage
économique maghrébin et impulser bien être économique et solidarité sociale,
 la réduction de près de 2 % du taux de chômage global qui pourrait passer sous la
barre des 10% et s’afficher à un seul chiffre.
A contrario, c’est là ce que l’on pourrait appeler le coût du non-Maghreb.
Toutes ces simulations sont faites de manière statique.
Elles n’intègrent pas la notion d’élargissement du marché : en 2020, le Maghreb commercialement intégré est un marché potentiel de 100 millions de consommateurs. C’est déjà un marché attractif mais encore insuffisant car en termes de pourvoir d’achat, c’est à peine 10 à 12 millions d’européens.
C’est une étape bien utile sur la voie de l’intégration à l’économie mondiale, mais qui n’en dispense pas pour autant, bien au contraire.
Les entreprises ont une vraie contribution à apporter à cette intégration. Plusieurs « success stories » en attestent déjà.

RADHI MEDDEB: Economiste et chef d'entreprise Tunisien


 



  

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